novembre 23, 2022

Entretien avec LoÏc CHAIGNEAU sur l'épistomologie marxiste

 Entretient réalisé par  Fabien SCHANG

Présentation par Fabien SCHANG

Le propre des œillères, c’est de ne pas être visibles de celui qui les porte. Est-il encore possible de parler de nos jours du socialisme, voire du communisme, sans être condamné à une sorte de reductio ad goulagum (tu es socialiste, donc tu es pour les goulags et la servitude de l’homme par l’homme) ? De l’aliénation, on connaît la chanson. Mais qui ne l’est pas, et comment ne pas l’être ?

Loin des sophismes macabres auxquels le concept de communisme a été systématiquement associé depuis la chute du Mur de Berlin (comme si la théorie communiste se réduisait à sa seule concrétisation dans le contexte soviétique de la Russie du xxe siècle), il existe une théorie de la connaissance propre à la philosophie de Marx : l’épistémologie marxiste, dont l’objectif était de proposer une grille d’explication objective et scientifique des événements historiques. Si le socialisme du xxie siècle veut renaître de ses cendres encore fumantes, c’est bien par la connaissance de son socle théorique qu’il s’agit de régénérer à la fois le discours et la méthode d’explication marxistes. Que vaut cette théorie, et en quoi se distingue-t-elle notamment de la théorie de la connaissance héritée de la philosophie de Platon ?

Pour mieux comprendre les mécanismes de cette grille de compréhension du monde qui nous entoure, nous avons posé dix questions à Loïc Chaigneau. Président de l’Institut Humanisme Total (IHT), Loïc est un jeune philosophe à la bibliographie déjà fournie : Le nouveau fascisme (2013), Faucons rouges (2016), L’imposture présidentielle (2017), Pourquoi je suis communiste (2019), Penser la transformation du moment présent. Le rapport Hegel-Marx (2021), Marxisme et intersectionnalité (2022). 


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LE RÉPUBLICANISME À L’ÉDUCATION NATIONALE . GUIDE DE SURVIE

 par Maxime LEOTHAUD

La recherche d’une nouvelle perspective, d’un nouveau récit, qui viendrait accompagner un renouvellement des institutions éducatives se heurte à des réactions — parfois même au sein des critiques du libéralisme — qu’il s’agit peut-être d’interroger.

À parler d’une école davantage orientée vers l’expérience commune, vers la transmission des savoirs qui nous rassemblent ou encore autour de marqueurs collectifs, on nous répond souvent qu’il y aurait là un modèle éducatif, sinon archaïque, du moins hérité d’une tradition républicaine passéiste. Bien pire : on ne semble plus pouvoir évoquer l’« école républicaine » sans faire naître immédiatement chez son interlocuteur un imaginaire rattaché à la seule IIIe République (reposant sur un souvenir souvent lointain).

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À PROPOS DU RETOUR DE L’ÉTAT RÉPUBLICAIN ET DE « L’INTÉRÊT GÉNÉRAL »

 par Danielle RIVA

Pour une économie républicaine. Une alternative au néo-libéralisme, Christophe Ramaux, De Boeck Supérieur, février 2022.

Il est de bon ton pour les économistes néothatchériens — c’est-à-dire les apôtres de Hayek[1] exactement opposés à la théorie de Keynes — et ils sont nombreux par le monde, de vaticiner sur les dépenses exorbitantes de l’État et la nécessité de transformer la « chose publique » en « chose privée ».

Les privatisations auraient pour but de rendre les agents de l’économie politique et sociale bien plus responsables que ne l’est l’État « gaspilleur ». Ces théoriciens ont aussi trouvé une grande joie dans la pensée complémentaire de John Rawls[2], lorsqu’il disserte sur la « responsabilité individuelle » (étendue au chômeur par certains de ces « théoriciens » d’outre-Manche, mais ici aussi hélas !)

Bref, les privatisations sont une adaptation au « monde moderne » et : « There is no alternative » (Thatcher). Amen ! Les privatisations de ces trente dernières années, dans la plus grande partie du monde, ont été menées à grand rythme avec l’ouverture ¾ d’un pourcentage ou de la totalité du capital des entreprises ou services « d’État » ¾ au capital privé.

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[1] Droit, législation et liberté (Law, Legislation and Liberty), 1973.

[2] Théorie de la Justice (A theory of justice), 1971.

novembre 08, 2022

Esquisse pour une analyse des relations internationales 2e partie : Les variantes de « l’économie politique internationale » (ÉPI), Michel Beaud et le SNMH

 Par Gabriel Galice

En tout domaine, les hypothèses et la méthode conditionnent les résultats. Dans les sciences sociales, l’affirmation vaut autant, voire davantage. La « neutralité axiologique » (traduction de l’allemand Werturteilsfreiheit, soit « liberté de jugement de valeur », passée par l’anglais) peut s’entendre de différentes façons. La fréquente réception française du concept wébérien en infléchit d’ailleurs le sens. Weber ne plaide pas la neutralité directement, mais demande au chercheur de prendre conscience de ses postulats et de les afficher.

Les relations internationales sont grandement concernées par ces questions de méthode et de partis pris implicites. Les géopolitologues et géostratèges prolifèrent sur les plateaux de télévision, sans toujours se soucier d’histoire, de géographie, voire de géopolitique. Cette deuxième partie s’intéresse à un éclairage économique/économiste.

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La planification écologique fausse alternative à la nécessaire transformation de la société

Par Jean-François COLLIN

La planification a fait un retour en force dans le débat politique français, depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle. Elle a été promue par la France Insoumise, qui croyait affirmer son caractère de parti de gauche, et reprise par Emmanuel Macron qui joua ainsi un bon tour à J.-L. Mélenchon, en lui prenant sa proposition phare. S’il a pu le faire avec autant de facilité, c’est que la planification n’est pas une idée de gauche et que le président de la République a vu tout le parti qu’il pouvait en tirer, pour éviter que l’angoisse née de la crise écologique ne se transforme en mise en cause du capitalisme.

L’idée de planifier l’économie doit plus à la droite qu’à la gauche, depuis son apparition au xixe siècle. Enterrée dans les années 2000, sa nouvelle popularité tient à la fascination exercée par la Chine et la Russie sur les dirigeants occidentaux. Elle s’explique aussi par la volonté de ces derniers d’utiliser la menace de catastrophe écologique pour conforter leur pouvoir chancelant. Mais la planification sans programme de transformation sociale ne sera qu’un mode d’accompagnement de la dégradation sociale et écologique du monde.

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WOKISME, LGBT+++, PSEUDO-FÉMINISME ET AUTRES BALIVERNES

 Par Jacques COTTA

Avant-propos

Durant des décennies, la politique a été déterminée par des catégories tranchées, la gauche d’une part, la droite de l’autre.

La première était assimilée aux couches exploitées, aux travailleurs, aux prolétaires ; la seconde aux patrons, aux capitalistes, aux bourgeois.

La première était censée porter des valeurs d’égalité, de répartition, de solidarité ; la seconde de privilèges, d’exploitation, d’égoïsme.

Les affrontements étaient périodiques. Souvent citée en exemple, la grève générale de mai 1968 posait, à travers les revendications sociales, la question du pouvoir. Les générations qui ont vécu cette période et les suivantes sont aujourd’hui désorientées. Les autres, qui en entendent parler comme d’une page d’histoire éloignée, sont étrangères, insensibles au récit souvent empreint de nostalgie.

Certes, depuis, périodiquement, la société a été prise de soubresauts. Récemment, durant deux ans, les Gilets jaunes ont rythmé la vie politique du pays. « Un autre monde » était possible, à portée de mobilisations d’ampleur nationale et internationale.

Mais comment et pour quelles raisons sommes-nous passés de « l’imminence de la révolution » au désenchantement actuel, à cette période où sévissent chaque jour les dernières extravagances de la « gauche radicale » ?

Gauche, droite, semblant d’alternative, socialisme, communisme, tout cela a volé en éclats et c’est sans doute la raison des incompréhensions et du désarroi qui traversent la société.

Les programmes ne donnent plus le change. Les partis traditionnels, PS et PCF, sont rendus à un stade groupusculaire. Les idéologies ont été balayées, laissant place à une série de thématiques — genre, LGBT+++, minorités, racisme… — dont on aurait eu peine à imaginer il y a peu encore l’importance qu’elles prendraient. Des sujets sociétaux déconnectés des réalités économiques, sociales et politiques — climat, réchauffement, pollution, féminisme… —, sous l’influence d’une grande partie de « la nouvelle petite bourgeoisie », ont pris le pas sur les questions sociales. La prédiction de Margareth Thatcher faite dans les années 1980 — There is no alternative[1] — viendrait aujourd’hui se confirmer.

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[1] Le slogan de Margareth Thatcher, Premier ministre britannique, signifie que le marché, le capitalisme et la mondialisation sont des phénomènes nécessaires et bénéfiques, et que tout régime qui prend une autre voie court à l’échec. Ainsi, il ny aurait pas dalternative au système actuel.


septembre 29, 2022

Le futur était déjà fini

Préface de Jérôme Maucourant au livre à paraîtra Fabrizio Tribuzio-Bugatti, Le futur était déjà fini. Essai sur la lotocratie, éditions "L'esprit du temps".

 Le futur était déjà fini est un essai : qu’est-ce à dire ? Ne s’inscrivant pas dans les divers registres des études spécialisées, l’essai, depuis Montaigne, est personnel et développe un point de vue dont il assume la singularité. Le trop négligé Albert Thibaudet écrivait : « C’est avec les Essais de Montaigne que la littérature française prend conscience et assume le rôle d’une littérature d’idées […] Les idées entrent dans la réalité littéraire moins par leurs forces logiques que par leur humanité, par les vitamines qu’elles tiennent de la chaleur propre et du soleil intérieur d’un individu »; À ce titre, l’essai accorde une certaine liberté aux lecteurs et ne vise pas à imposer une autorité qui se prévaudrait d’une objectivité scientifique. Pendant des décennies, celles de l’âge d’or des dites « sciences sociales », la forme de l’essai avait mauvaise presse : la proclamant dépassée, nos positivistes d’alors la rejetaient comme préscientifique, subjective ou simplement polémique. En bref, stérile.

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Philosophie et Politique: Aux mercredis de la NAR

Philosophie et Politique: Aux mercredis de la NAR :